mercredi 4 mai 2016

Concours Flash - Extrait de mon roman en cours

Chose promise, chose due : voici un extrait tout chaud de mon roman en cours (même pas relu, c'est dire !), pour que vous puissiez voir à quoi ressemblent mes premiers jets.
A priori, il n'y a pas de gros spoilers, donc vous pouvez y aller (d'autant que ça peut changer 25 fois d'ici à la version finale !).
Prêts à découvrir Sora, l'héroïne de A la petite cuillère, ainsi que sa soeur Kay ?





"Au fond, Kay est comme moi : elle sourit peut-être de l’intérieur, même si ça ne se voit pas sur son visage. Elle aussi doit lutter contre une douleur, même si cette douleur se situe tout au fond de son cœur, alors que la mienne est à la cheville.
Les messages continuent d’arriver les uns après les autres. Je les lis fébrilement, plus ou moins d’accord avec eux. Il y en a un, en particulier, qui me fait monter les larmes aux yeux.

Jérôme Baltier Pour ta sœur, je ne sais pas si je peux t’aider, n’ayant jamais vécu ça (je vis seul depuis des années). Mais ne dis plus jamais que tu mourrais sans elle et que tu ne peux rien faire. Sur une jambe ou sur deux, tu peux être qui tu veux, Sora. TU PEUX ÊTRE QUI TU VEUX. Ce que tu veux vraiment, donne-toi les moyens de l’obtenir et tu l’obtiendras. Tu ne peux pas travailler dans une librairie ? Ecris des romans, tu n’as pas besoin d’être debout pour ça. Tu ne peux pas être serveuse ? Tiens la caisse, avec une bonne chaise et un repose-pieds. L’énergie, tu la trouveras toujours – du moins si tu le veux vraiment.
C’est à toi de décider comment tu dépenses tes cuillères. Ta maladie peut te dicter quand te reposer, mais elle ne te dictera jamais qui tu es.
J’aime · Répondre · 10 · À l’instant

Je ferme les yeux un instant pour m’imprégner de ses paroles. Elles résonnent en moi d’une manière particulière, comme si j’avais toujours voulu les entendre sans le savoir. Une seconde, je me prends à y croire, à me rêver en superhéroïne qui va casser la gueule de Marc et de ses copains pour sauver Kay et laisser derrière elle la peur qui la paralyse. Et puis une alarme familière sonne dans mon esprit. Attention, tu vas tomber de haut.

Je soupire. Ce sont de belles paroles, mais dans les faits… Je ne pourrai jamais casser la gueule de Marc ou protéger ma sœur, pas plus que je ne peux l’emmener faire un footing pour la défouler. Or, ça, c’est ce que j’ai envie d’être. Quelqu’un d’actif, prêt à déplacer des montagnes pour ceux que j’aime, au lieu de rester le cul vissé sur mon lit à surfer sur le net, alors que les réponses à mes questions ne s’y trouvent pas. Un simple coup d’œil à mes cuisses suffit à se rendre compte que ça n’arrivera jamais : elles sont toutes fines à force de ne pas servir. Mes muscles ont fondu en moins de deux mois, et ma jambe gauche, plus maigre encore que la droite, fait flipper, alors que je grossis à force de ne pas bouger. À se demander comment je tiens encore debout – et si ça va durer longtemps. Je peux être qui je veux, hein ? Je veux marcher, pourtant, et je n’y parviens pas…"

4 commentaires:

  1. Oh mais cet extrait met l'eau à la bouche, ca a l'air super !! Je suis également touchée par le message de ce Jérôme ! et en effet, on s'adapte à ses contraintes physiques, on a pas le choix ^^ J'ai hâte d'en savoir plus sur ces personnages !

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    1. Oh, merci ma chère Hélène !
      Ca tombe à pic, j'avais besoin d'un coup de fouet pour m'y remettre ^^

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  2. J'avais zappé cet extrait, et j'ai bien fait de me rattraper! Ça donne envie d'en apprendre plus sur ton histoire, tes personnages... vivement :-)

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