mercredi 11 septembre 2013

C'est quoi ton truc pour écrire si vite ?

C'est une question qu'on m'a souvent posée (on m'a aussi demandé à quoi je me droguais, parfois... mais rien que du chocolat et du thé, promis juré !).
Aujourd'hui, j'ai envie d'y répondre. Non pas par fierté d'y parvenir, ou bien parce que je pense que j'ai des conseils à donner à ceux qui n'écrivent pas vite. Mais parce que, au contraire, je veux montrer que ce n'est pas un exploit, que c'est juste que je ne peux pas faire autrement, et que ce n'est pas forcément mieux que ceux qui écrivent plus lentement. 

Donc, j'écris vite. C'est vrai. Il m'est déjà arrivé d'écrire 150 000 signes en une semaine, plusieurs fois. Mais ce n'est pas nécessairement un choix, et parfois j'avoue que je préfèrerais écrire plus lentement et plus régulièrement, ce serait moins fatiguant. 
Parce qu'il est là, mon "secret" : quand j'écris, je ne fais que ça. Littéralement. Je mange sur le pouce, j'y passe les journées, mes soirées, mes nuits. Je mets un réveil pour me lever plus tôt et avoir une vraie journée d'écriture, qui se termine tard dans la nuit. Mes dossiers importants ? Ils passeront après. Ma vie sociale ? Je ne la sacrifie pas totalement, c'est vrai, mais disons qu'elle se limite au strict minimum. 

Ce n'est pas super équilibré, j'avoue. Seulement voilà : je ne sais pas faire autrement. Quand je commence une histoire, que ce soit pour la raconter ou la corriger, je me plonge dedans corps et âme, je la vis littéralement. Je suis dans une sorte de jubilation à découvrir les différentes facettes de mes personnages, les embûches qui tombent sur leur route, je ricane toute seule en imaginant les prochaines péripéties sadiques que je vais inventer pour eux. Bref, je suis dans le flux (voir à ce sujet l'article de Samantha Bailly, dans lequel je me retrouve beaucoup). 
Ce qui veut dire aussi que j'y pense tout le temps. Quand je fais la vaisselle, la cuisine, quand je me lève, quand je me couche, même quand je suis devant la télé ou censée travailler sur autre chose. Donc, en fait, j'ai plutôt intérêt à écrire vite : parce que la vraie vie ne peut pas être mise de côté trop longtemps, qu'il y a des impératifs, et que j'ai besoin de vivre plein de choses en dehors de l'écriture pour avoir encore des tas de choses à écrire et à partager avec vous.

L'avantage, c'est que c'est un vrai gain de temps : quand on est tout le temps dans l'histoire, pas besoin de perdre du temps à revenir en arrière pour savoir où on en était, peu d'incohérences laissées dans le premier jet vu qu'on a tout bien en tête. Et puis, le feu sacré du flux, c'est quand même sacrément jouissif. Je m'éclate vraiment, je vous jure, je souhaite à tout le monde de vivre ça un jour. Même pendant les corrections, si si !
L'inconvénient, c'est que du coup, je ne peux pas travailler régulièrement, sous peine de perdre toute notion du temps. Je travaille beaucoup, et par à-coups, mais du coup, j'ai des longues périodes sans toucher à l'écriture (là, par exemple, pendant tout le mois de septembre, je ne commence rien, parce que j'ai trop de trucs à faire qui ne peuvent pas attendre côté IRL). 

Alors, le voilà, mon secret :
- Un bon fauteuil
- Une bonne tasse de thé (si possible avec de la cannelle dedans)
- Un bon ordi avec Word dessus
- L'envie de vivre dans l'histoire, de la découvrir, puis de la "tailler" pendant les corrections, pour la sublimer. L'impatience de la partager, qui donne envie d'écrire, d'écrire encore plus vite, pour pouvoir la donner aux autres.
- Et prendre le temps, hors des séances d'écriture. Le temps de vivre, de profiter, de faire tout ce que vous ne faites pas quand vous êtes trop pris par vos romans pour regarder autour de vous. Et ne pas culpabiliser, parce que c'est ça qui va vous donner l'énergie et l'imagination de replonger dans une autre histoire, très bientôt, dès que ça vous démangera trop.

Mais, si vous écrivez plus lentement, peut-être plus régulièrement, ou peut-être pas, ce n'est pas moins bien ; c'est juste que vous fonctionnez différemment, que vous avez votre propre rythme. Et, tant que vous avez aussi votre propre équilibre, alors c'est que vous avez le bon rythme.
Alors, il est comment, le vôtre ?

18 commentaires:

  1. Pour des raisons évidentes (travail et famille) je ne peux hélas pas passer mes journées à écrire (quoi que j'aimerais bien). Donc je suis obligée d'écrire de façon moins dense, mais plus régulière. Et je travaille en général deux projets à la fois (corrections ou recherches d'un côté, écriture pure de l'autre). Avantage : pas de frustration, je baigne tout le temps dans l'écriture. Inconvénient : chaque minute de mon temps est minutée, pour tout. Et dès qu'il y a un grain de sable dans le planning, tout déraille.

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    1. Je fais ça aussi de temps en temps, quand j'ai pas le choix, mais j'ai remarqué que je prenais moins de plaisir, soit à écrire, soit à faire le reste. Du coup, quand je peux, je ne me force pas à tout cumuler.
      Courage pour tout ce que tu gères, toi, en tout cas *_*

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  2. Nanowrimo m'a appris à aller vite.
    On me l'a reproché...

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    1. Oui, c'est vrai qu'on nous le reproche aussi, comme si du coup on écrivait moins bien. J'avoue, pour les corrections éditoriales, j'ai tendance à laisser passer du temps (avant ou après les corrections) avant d'envoyer, histoire qu'on ne m'accuse pas de les bâcler !

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    2. Oh, ce ne sont pas les éditeurs qui me le reprochent, ceux sont ceux qui écrivent plus lentement et trouvent que ce n'est pas normal.

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    3. Comment peut-on reprocher à un autre sa vitesse d'écriture? C'est bizarre, quand même, non? Chacun va / vit / agit à son rythme, quand même. ^^

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    4. On nous reproche d'aller trop vite et donc de "bâcler" le travail, comme si c'était nécessairement moins bon. Et c'est vrai qu'on n'a pas le même recul sur notre texte, mais maintenant que j'ai fait mes preuves je peux quand même dire haut et fort que ça fonctionne aussi !

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  3. De mon côté, j'ai constaté que j'écris en moyenne 10 000 signes par séance de travail (et comme je calibre à la louche mes chapitres sur ce format, je sais que je peux faire un chapitre par jour, voire deux si j'arrive à bosser après-midi et soir).
    Du coup, je peux compter quasiment en jours pour savoir pour combien de temps j'en ai (d'ailleurs, ce soir, savoir que je peux boucler ma 2nde partie de roman en 8 jours me motive drôlement pour m'y mettre !).

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    1. Quand j'arrive à prendre un rythme régulier (c'est-à-dire, quand je ne fais que ça ^^), je peux aussi calculer très précisément quand je terminerai. Et oui, voir le bout arriver, ça fait avancer encore plus vite, parce qu'on a hâte de partager (ou d'avoir la réponse qu'on attend désespérément) ! ^^

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  4. Je faisais la même chose - notamment avec le NaNo - mais maintenant j'essaie de régulariser mon rythme, un peu tous les jours! Perso, ca me convient bien, mais comme tu dis, il n'y a pas UNE meilleure recette, juste des habitudes qui varient selon les écrivains ! :)

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    1. C'est sûr !
      Et peut-être que moi aussi, un jour, je ferai ça. Ou peut-être pas ^^
      Je suppose que ça dépend aussi de notre rythme de vie !

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  5. De mon côté, j'écris presque tous les jours, dans les transports en commun. Sauf quand je lis, bien sûr, vu que je le fais au même endroit. ^^

    Au maximum, en un trajet aller-retour pour le boulot, je peux écrire 1 500 mots environ, sur papier, que je recopie sur ordinateur le soir.

    En ce moment, j'écris moins, car je rattrape un certain retard pris en début d'année dans mes lectures. Mais je m'y tiens: j'écris un texte de 1 000 mots chaque semaine, et des micronouvelles dès que je peux.

    Quand je peux faire comme toi (des journées 100% consacrées à l'écriture), je le fais. Le problème, c'est que je suis marié avec 3 enfants. ^^ Donc, la seule solution, c'est de prendre des jours de congé hors vacances scolaires, et même comme ça les journées d'écriture sont limitées entre 9h et 16h30...

    Ceci dit, j'arrive alors à écrire 50k sec en 2-3 jours, dans ces conditions. J'en profite !

    Bon dimanche.

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    1. Bonjour, et bienvenue dans mon antre Pascal !
      Bravo d'avoir un rythme aussi régulier et productif :) De mon côté, j'ai beaucoup de mal à écrire sur des plages horaires courtes (ces derniers temps j'ai essayé la pause déjeuner : c'est pas mal, mais ça reste un peu saccadé, je ne suis pas entièrement dedans).
      Il me faut du temps pour rentrer dans le texte "vraiment", pour le "vivre" comme mes personnages - et donc pour atteindre l'état dans lequel j'écris le mieux.

      Cela dit, j'ai moins souvent l'occasion qu'avant de passer des journées entières à écrire (pour la bonne raison que je travaille ^^), donc je dois m'adapter pour trouver un nouveau rythme. En tout cas, j'admire ceux qui, comme toi, on un travail ET des enfants et parviennent quand même à écrire !
      Quand le moment viendra, j'espère pouvoir m'organiser en conséquence :)

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    2. Merci pour ton accueil. ;)
      Les pauses déjeuners, je n'y arrive pas, moi non plus... Ecrire sur le lieu du travail, pas évident. Parfois, c'est mal vu.
      Quant à l'organisation à trouver malgré femme, enfants, travail, ami, ... Disons qu'il n'y a pas le choix. Je n'arrêterai pas d'écrire, donc... ^^

      Tu verras. Tu y arriveras aussi, je n'en doute pas une seconde. ;)

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    3. De ce côté-là, je travaille chez moi, donc pas de souci :) Mais mon travail étant assez proche de l'écriture, j'ai souvent besoin d'une vraie pause !

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  6. Grâce à ta page, je découvre cet article dans lequel je me retrouve tout à fait ! Ou presque ^^
    J''adore écrire vite, être plongé dans mon histoire, ne pas avoir besoin - et moins encore envie - de me relire pour voir si je n'ai rien oublié ou si j'ai tout bien fait (je sais que je n'ai pas tout bien fait, mais j'aurai tout le temps d'y penser pendant les corrections ! lol ).
    Par contre, même s'il y a des impératifs, des impondérables, qu'on ne peut pas vivre reclus dans une grotte troglodyte le temps d'écrire une demi-douzaine de romans, le réel ne m'appelle pas tant que ça. Évidemment, nous n'avons pas le même métier toi et moi, tout ça doit jouer :)
    En revanche, pressé de faire lire... Euh... Oui et non. Pressé mais terrorisé, en ce qui me concerne ^^
    Merci pour ce très chouette article <3 je retourne sur ta page d'index ;)

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    1. Hey, contente que cet article te parle ! ;-)

      Ah, pressée de faire lire pendant l'écriture, oui. Et puis quand j'arrive aux phases de doute, je terrorise aussi (si, si, on va dire que ça existe).
      J'espère que tu auras déniché d'autres articles qui t'intéressent dans la page d'index, hé hé !

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    2. "tu terrorises"... Bon d'accord, mettons que ça existe, mais c'est bien parce que c'est toi !
      Et oui, j'ai trouvé tout plein d'autres articles qui m'intéressent ! Même ceux où tu parles d'écrire pour la jeunesse m'intéressent, alors que ce n'est pas ce que je me destine à faire ;)
      Zou, j'y retourne *plop*

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