jeudi 12 avril 2018

Erreur 404 : la genèse

Hiiii !

Ca y est, c'est aujourd'hui qu'Erreur 404 sort en librairie !!!





Du coup, c'est l'heure du traditionnel article sur la genèse du roman. Qui va pas être simple à écrire sans spoilers, pour le coup, mais je vais faire de mon mieux !

Erreur 404 est probablement mon roman le plus complexe narrativement parlant jusqu'ici... et, paradoxalement, c'est celui que j'ai eu le plus de facilités à écrire. Aucun blocage, aucun "ventre mou", tout juste un peu de réécriture à la correction, mais sans avoir cette impression de lutter qui m'assaille bien souvent. Au contraire : Erreur 404, c'est le roman de l'éclate.
Du jeu.

Après avoir exploré l'aspect "vidéo" du jeu vidéo dans I.R.L., j'avais envie de me pencher plus sur l'aspect "jeu". En fait, c'est une conférence aux Imaginales 2016 avec Christopher Priest qui a fait "tilt" pour la première fois (vous pouvez la réécouter ici) : Christopher Priest, écoutant ce que je disait à propos d'IRL, se faisait la réflexion que le thème des robots était en train de devenir ludique, ce qui correspond selon lui au dernier stade de la réflexion des auteurs par rapport à un thème donné.
C'est là que je me suis dit : ludique, oui, mais pas encore assez. Dans "jeu vidéo", il y a "jeu", et j'ai envie que mes lecteurs s'éclatent !



S'en sont suivies deux révélations successives, que je ne peux pas détailler sous peine de vous spoiler la 2e partie du roman, mais qui ont eu lieu en jouant à Uncharted 4 et bien sûr à Life is Strange, grosse grosse influence du roman. C'est là que j'ai commencé à avoir envie de mêler jeu et roman, intimement, jusque dans la structure même du récit.





Et puis il y a eu la période Pokemon Go. Avec cette nouveauté : les joueurs qui se rencontrent dans les rues, qui sortent de chez eux exprès pour aller jouer. Evidemment, ils restent toujours scotchés à un écran, mais quand même : c'est pas génial de tomber sur une adorable bestiole au détour d'une forêt, d'échanger avec des voisins qui la cherchent, de finir le trajet ensemble... ?
C'était ça, pour moi, le phénomène Pokemon Go, et Erreur 404, c'est aussi un moyen de montrer que le jeu peut être fédérateur, pourvu qu'on lui en laisse la chance. Et de réaliser un de mes rêves : mettre une adorable bestiole dans un roman. 😬
Parce qu'évidemment, dans le futur, plus besoin de téléphone pour jouer, tout se passe dans la rue, sous nos yeux, et bien plus encore !





A cela s'est ajoutée une question plus sérieuse, plus sensible, à laquelle je me suis retrouvée confrontée plusieurs fois dans l'année, et qui m'a poussée à entrer dans une nouvelle association et à rencontrer d'autres personnes luttant contre ce phénomène. Je ne détaille pas sous peine de vous spoiler, mais vous lirez les remerciements si vous êtes curieux ;)

J'avais mes idées fun, mon cheval de bataille, une excellente occasion de faire plein de jeux de mots pourris, de références geek et autres développements : Erreur 404 était né !
Ce n'est que lorsque j'en ai parlé à Paola, des éditions Gulf Stream, et qu'on a décidé qu'il paraîtrait dans la même collection qu'IRL, que j'ai décidé d'ajouter des liens avec ce roman. Après tout, j'y explore les mêmes thèmes, mais sous des angles très différents ; et puis j'avais envie de vous faire plaisir... Voilà comment je me suis retrouvée à placer ce roman 10 ans après IRL, et à en faire le prolongement logique de ce monde en plein changement.
(Et puis ça me donnait des arguments pour avoir une couverture violette, parce que ça va siiii bien avec le rose d'IRL !)



Et voilà pour la genèse d'Erreur 404, le roman du fun, de la prise de risques, et surtout du geek !

Des questions ? :)



vendredi 12 janvier 2018

Bilan 2017, horizon 2018... que de changements en vue !

Une fois n'est pas coutume, je suis SUPER à la bourre pour mon article bilan 2017. Du coup, je vais le coupler directement avec l'article d'objectif 2018, ça fera comme si c'était fait exprès.
Vous êtes prévenus : pavé en vue !

Reprenons donc d'abord mes objectifs de 2017 pour voir si tout s'est passé comme prévu.


Casquette d'auteure

  • Sortie de "Quelques pas de plus"
Check ! J'ai bichonné ce roman du mieux que je pouvais, et été très émue de l'accueil que vous lui avez réservé. J'ai reçu quelques retours tellement émouvants que je ne savais plus quoi dire (et il faut y aller !), des messages pleins d'espoir, aussi. Un énorme MERCI pour tout ça.

  •  Mon objectif prioritaire qui devrait me prendre le plus gros de cette année en terme d'écriture, c'est #NouveauRoman. Je l'ai tout juste commencé (...) et je sens que je vais m'éclater à l'écrire. Bref, surprises au programme, pour vous comme pour moi !
Plus que check ! Il s'agit bien sûr d'Erreur 404, qui est parti à l'impression il y a quelques jours. Et je me suis vraiment, vraiment éclatée à l'écrire. Il est un peu barré, spécial, différent de ce que j'ai déjà fait tout en s'en rapprochant dans les thèmes abordés. J'avoue, c'est un peu un pari et j'espère que vous allez me suivre là-dedans... Parce que j'ai vraiment adoré l'écrire. ^^






  • En parallèle, j'aurai bien sûr le #RomanMystère co-écrit avec Cindy, qui s'intercalera entre les chapitres et les corrections éditoriales. (...) Attendez-vous à entendre Cindy râler que je lui dois un chapitre ^^
Check à moitié. On a bien avancé le roman, mais il n'est pas encore terminé, et j'ai râlé plus souvent que Cindy pour avoir un chapitre parce que je suis plus méchante qu'elle. ^^ Bon, là, c'est mon tour... Au boulot !
  • Enfin, j'aimerais retrouver un éditeur pour mon petit "Secret des Bois-Noirs" :)
C'est encore dans les tiroirs pour le moment, mais ce n'est pas tout à fait un fail ;)


=> Et pour les objectifs 2018 ?
Eh bien, c'est assez simple...

* Ma priorité du moment est de terminer le roman écrit avec Cindy, de signer le contrat et de pouvoir enfin vous annoncer chez qui il paraîtra :) Ce qui, si tout va bien, ne devrait pas trop tarder... 

* Evidemment, gérer la sortie d'Erreur 404.

* Continuer à explorer la piste de réédition du Secret des Bois-Noirs

* Et enfin, écrire un roman court pour les 10+ que j'ai commencé, et que j'ai appelé provisoirement Tous pour un. Et lui trouver un éditeur, ça va de soi.

Pas de gros projet YA (en dehors de celui avec Cindy) prévu cette année, du moins pas pour l'instant : l'année va probablement être assez light en terme d'écriture, parce que j'ai de sacrés objectifs à remplir dans les autres cases... !


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Casquette d'éditrice

  • Mon gros enjeu va être de réussir à gérer les coups de bourre pour ne pas finir sur les rotules, maintenant que j'arrive à gérer les coups de mou sans angoisser pour la suite. Et prendre un peu plus de vacances.
Plutôt check. J'ai pris trois semaines de vacances à Bali au printemps et 10 jours en Turquie cet été, qui m'ont fait un bien fou. J'ai eu quelques coups de bourre bien stressants, mais j'ai moins fini sur les rotules que les années passées. Je vais essayer de garder le cap !

  • Autre enjeu : j'ai réussi à gérer la pile de manuscrits cette année, moins à trouver du temps pour lire. Donc : retrouver du temps pour lire sans me laisser déborder par la pile de manuscrits pour autant. Ce qui, soyons honnêtes, n'est pas le plus simple de mes objectifs. 
Sans surprise, c'est un gros fail. J'ai de plus en plus de manuscrits à lire (c'est grâce à votre confiance, alors merci !), j'arrive encore à gérer la pile même si je prends parfois du retard, en revanche, pour ce qui est des lectures perso... Je fonde tous mes espoirs sur ma toute nouvelle Kobo qui m'a permis de lire deux romans plaisir en cette fin d'année (incredible !). 

=> Et pour les objectifs 2018 ?
On prend les mêmes et on recommence !
Avec deux nouveaux enjeux :

* Saisir les opportunités offertes par ce début d'année par de potentiels nouveaux clients réguliers, en espérant qu'elles se concrétisent. Travailler plus souvent sur le fond du roman, à modeler l'histoire et le style avec l'auteur, parce que ça reste clairement ce que je préfère dans ce métier, même si la correction me plaît beaucoup aussi.

* Dans l'idéal (mais c'est un objectif à long terme, pas forcément 2018), diversifier mon activité en explorant notamment le domaine du jeu vidéo, que j'ai touché du doigt cette année et qui me plairait beaucoup.


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Quand je pars en vadrouille

  • Je vais continuer à essayer de gérer le rythme des salons tranquillement, et ne pas en faire plus d'un par mois pendant les saisons "fortes". Il me faut du temps pour m'en remettre côté fatigue (ma cheville a dû laisser quelques traces derrière elle) et, même si j'adore ça, je dois faire attention si je veux garder assez d'énergie pour l'écriture ;)
Check, et la même pour 2018 ! J'ai trouvé un rythme qui me convient bien pour le moment, avec quelques temps fort et des moments calmes.
Je peux d'ores et déjà annoncer une avant-première d'Erreur 404 au Salon de Paris en mars (hiiiii !), puis ma venue à Grésimaginaire à Grenoble en avril. Il y aura une dernière date au printemps, mais c'est tout pour ce premier semestre. Promis, j'ai de bonnes raisons pour ça, que vous connaîtrez en lisant la fin de l'article ;)

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Et pour le reste ?

  • Conserver ce blog et la chaîne YouTube et les alimenter tous les mois, mais j'arrête de me mettre des objectifs de ce côté : je ne les tiens jamais de toute façon. ^^
Bon, même ça, c'est un fail vu que ma chaîne YouTube est à l'abandon et que je suis loin d'avoir écrit tous les mois sur le blog. Cela dit, vous êtes toujours au rendez-vous et ça, c'est vraiment chouette. Merci !!!

  • Cette année, je veux pouvoir sauter et courir de nouveau, pour enfin pouvoir dire "je suis guérie". Je veux publier mon roman de boiteuse et laisser tout ça derrière moi. 
C'est peut-être mon plus gros check de l'année. Après deux ans de galère, j'ai enfin repris la danse normalement, avec des sauts, des courses, des pirouettes et tout ce que vous voulez. Bien sûr, j'ai encore une appréhension à chaque réception sur le pied gauche et je ne me lâche pas assez dans ces moments là, ça se sent. Mon corps réapprivoise petit à petit le parquet. Mais c'est bon : JE SUIS GUÉRIE !

  • J'ai envie de jouer, aussi, parce que je l'ai pas mal fait cette année et je découvre des merveilles. Encore, encore !
Check ! Entre autres merveilles : Horizon Zéro Dawn que j'ai vraiment adoré. Et le préquel de Life is Strange évidemment.



=> Et pour les objectifs 2018 ?
Eh bien, côté perso, il y en a deux de taille, qui vont prendre le pas sur pas mal d'autres...

*Aménager l'appartement dans lequel je viens de rentrer, prendre mes marques dans mon nouveau chez moi, mon nouveau bureau.

* Et... me marier ! À moi la déco, le traiteur, la première danse, et surtout la belle robe (gniiii !). C'est prévu pour cet été et il reste pas mal de boulot, alors ça va me prendre "un peu" de temps. Me voilà transformée en midinette !
Et mon petit doigt me dit que vous connaissez une de mes témoins... ;)


Souvenir des fiançailles :)

En conclusion : je m'excuse d'avance si je suis peu présente cette année, et si j'écris moins. En 2018, c'est la vie perso qui va passer en priorité, au moins pour ce premier semestre (et le 2e sera probablement employé à rattrapé le retard pris sur le reste au 1er semestre et à dormir). 
Cela dit, j'ai quand même quelques projets dans les tiroirs et pas mal de boulot... D'ailleurs, j'y retourne !
À nous deux, 2018 !

lundi 30 octobre 2017

10 problèmes récurrents dans les manuscrits

Bonjour à tous !
Ces temps-ci, j'ai pas mal travaillé sur des manuscrits, alors j'ai décidé d'enfiler ma casquette d'éditrice pour écrire un billet qui me trottait dans la tête depuis longtemps : les dix problèmes récurrents que je trouve dans les manuscrits. C'est particulièrement vrai pour les premiers romans, mais pas que.
Et avant toute chose, petit avertissement préalable : ce n'est pas parce que vous reconnaissez l'un ou l'autre des problèmes que je vais citer ici que votre roman est mauvais. Comme toujours en littérature, il y a des contre-exemples avec des romans excellents comportant des aspects qui sont problématiques dans d'autres. Tout est une question de maniement, de dosage. Bref : je ne parle pas ici de "règles", mais me contente de donner des pistes sur les points de retravail de votre roman.
Parce que voir ces problèmes chez les autres m'a beaucoup aidée à corriger mes propres textes, qui n'en sont pas exempts !






1. Le manque d'enjeux

C'est, de loin, ma motivation de refus la plus courante : l'absence d'enjeux clairs au début (et souvent dans toute la première moitié) du roman. 
Les enjeux sont comme un fil rouge pour le lecteur : grâce à eux, il sait où il va, ce que le personnage recherche, et à quoi il peut s'attendre. Surtout, il sait ce qu'il doit craindre. C'est donc un moteur de tension essentiel.
Exemple : nous débarquons dans une scène où deux personnages se battent. On ne sait ni qui ils sont ni pourquoi ils se battent.
=> On se fout pas mal de qui va gagner et d'à quel point ils sont forts (ou nuls), puisqu'on n'a aucune idée de ce qui les a amenés là. Ils pourraient tout aussi bien se battre pour un cochon, pour de faux, pour des raisons stupides : on ne sait pas, et on veut combler cette lacune. Tout ce qu'on attend de savoir, c'est ce qu'ils font là, pour pouvoir prendre parti et comprendre les enjeux de ce duel
Si, au contraire, on comprend rapidement que X et Y se battent pour sauver ou détruire le monde, que le vainqueur de ce duel décidera du sort du reste de la planète, que X a une vieille blessure qui risque de le gêner et que Y est amoureux de X, ça devient intéressant.
On peut avoir peur pour eux, espérer que l'un ou l'autre gagne, ou qu'ils trouvent une autre solution que la mort de l'un ou de l'autre ; on peut vibrer à chaque coup d'épée en sachant que le sort du monde dépend de ces bouts de métal qui s'entrechoquent.
J'ai pris un exemple extrême, bien sûr : les enjeux ne mettent pas forcément en cause la balance du monde. Ils peuvent être plus intimes, plus petits à l'échelle du monde : l'essentiel est qu'ils ne le soient pas à l'échelle du personnage, et donc du lecteur. 
Dès le début, le lecteur doit savoir ce qui est important dans ce roman, ce pour quoi on va se battre, ce qu'il doit craindre. Dès lors, vous pouvez l'embarquer n'importe où.
Sinon, vous pourrez mettre autant de péripéties que vous voudrez : il aura l'impression qu'il ne se passe rien, car il attendra en vain de savoir où commence l'intrigue et à quoi riment tous les événements qu'il lit sans les comprendre.

2. Un personnage principal trop passif

C'est souvent lié au manque d'enjeu, mais pas que : il arrive régulièrement que le personnage serve de simple vecteur pour raconter l'histoire, mais qu'il n'y prenne pas part activement, ou alors très tardivement. 
Exemple typique : le jeune élu qu'on balade de réunion de crise en bataille et qui fait tout ce qu'on lui dit sans trop réfléchir à sa situation et sans essayer de prendre ses propres décisions.
Le problème, c'est que, le personnage principal étant la voie d'entrée du lecteur dans le récit, le lecteur aussi est passif dans cette situation. Lui aussi se laisse balloter d'événement en événement sans trop comprendre ce qui lui arrive ; il ne s'approprie pas l'intrigue, et reste un peu "en dehors", comme un spectateur invisible, au lieu de la vivre de l'intérieur.
On perd alors énormément en tension, et là encore, vous pourrez multiplier les péripéties tant que vous voudrez, on aura l'impression que le récit patine. On attendra la révélation du personnage, le moment où, enfin, il prendra conscience de qui il est, de ce qu'il doit faire. Le lecteur attend, donc, au lieu de s'impliquer : ce n'est pas l'idéal pour le faire vibrer.

3. N'épargnez pas vos personnages

La plupart des auteurs aiment torturer leurs personnages. Si si.
Oui, mais ils aiment aussi les protéger, et ce souvent de manière inconsciente. J'appelle ça "mettre un coussin sous les fesses de son personnage avant de le faire tomber". Comprendre : lui offrir une porte de sortie avant même qu'il soit vraiment mal barré. Ou l'empêcher d'avoir mal une fois qu'il est tombé.
Par exemple : votre personnage est sur le point de tomber dans un piège de son pire ennemi. Horreur et putréfaction ! Heureusement, le lecteur sait, lui : le meilleur ami trop puissant du personnage est en route et on se doute bien qu'il va pouvoir sauver tout le monde (coucou Gandalf !). 
Bon, mais admettons qu'il n'arrive pas à temps et que votre personnage soit confronté à l'ennemi. Vous allez lui offrir une révélation pour lui permettre de s'échapper avant de souffrir vraiment, ou bien, il va tomber, mais se relever très vite pour mieux gagner. Il a eu chaud, non ?
Non. Faites le souffrir jusqu'au bout ! Le moment où il se relèvera n'en sera que plus beau, et plus fort en émotion. D'ailleurs...

4. Émouvez votre lecteur

C'est un peu mon dada : pour moi, l'émotion est le moteur essentiel de lecture. Je ne vais pas trop m'étendre sur la question parce que j'ai déjà écrit un article dessus en 2014 (2014 déjà ?!), donc je vous invite à jeter un oeil si ça vous intéresse.
En bref : si je ne vibre pas pour votre personnage, je vais m'ennuyer. Il peut se passer un millier de trucs ou rien du tout : c'est l'émotion qui me fait avancer dans un roman. Je peux adorer un récit très contemplatif qui me fait ressentir plein de choses, parce que j'aurai l'impression d'avoir vécu toute une palette d'émotions, même si le nombre d'actions est réduit.
Là-dessus, tous les lecteurs ne sont pas les mêmes, cependant, et d'autres ne seront sûrement pas d'accord avec ça. Mais les manuscrits que je reçois en manquent trop souvent à mon goût.

5. Créez du lien !

On voit trop souvent aussi des intrigues éclatées, ou des scènes qui sont chouettes, mais qui ne font pas trop avancer le shmilblick et dont on ne comprend pas trop l'intérêt. Tout doit être lié dans votre récit : les états d'âme de vos personnages, l'univers, les dialogues... Chaque action, chaque pensée, doit trouver sa place dans le récit de manière logique. Et il faut que ce soit clair : en lisant un passage, on doit comprendre en quoi il se rattache au fil rouge du roman et ce que ça va nous apporter.
Sinon, on retombe dans le même problème que le manque d'enjeux décrit au tout début : on sait quels sont les enjeux généraux de l'histoire mais pas ceux de cette scène là, si bien qu'on redevient un lecteur passif, qui attend que l'histoire reprenne.
Bien sûr, cela n'empêche pas du tout d'avoir des intrigues secondaires, des trames qui se ramifient encore et encore et des questions complexes : le tout est de bien savoir, à chaque fois, où on est, pourquoi on est là, et vers où on essaie de se diriger.

6. Tout doit être essentiel

Conséquence du point 5 : coupez tout ce qui est inutile. Cela vaut aussi bien pour l'intrigue que pour le style : on peut couper une scène qui ne sert ni aux enjeux ni à la caractérisation du personnage, ou bien une phrase qui se contente de répéter ce qu'on a déjà compris.
La plupart des très longs manuscrits que je reçois (au-delà de 650 000 signes) peuvent être raccourcis de 100 à 300 000 signes rien qu'en appliquant cette règle : chaque phrase compte. Vous avez déjà dit quelque chose dans une phrase ? Pas la peine de le reformuler autrement : on a compris. 
Les descriptions doivent être utiles, apporter quelque chose.
Les dialogues également.
Pour chaque phrase, chaque passage, demandez-vous ce que votre roman perdrait s'ils n'étaient pas là.
Si la réponse est "pas grand-chose", sortez la tronçonneuse.


7. Le début trop explicatif, ou pas assez

J'ai une règle d'or quand je lis un manuscrit : ne jamais me fier au début. À moins que le style soit rédhibitoire en lui-même ou que ce soit assez tranché pour que je sache en trois pages que ce n'est pas pour moi, je vais toujours jusqu'au premier tiers, car les débuts sont rarement réussis (je ne jette pas la pierre, je passe mon temps à réécrire les miens). 
Du coup, un roman qui commence bien va immédiatement retenir mon attention.
Et donc, outre les enjeux déjà signalés (si avec ça vous n'avez pas compris, hein ^^), le problème des débuts est souvent la mauvaise gestion des informations. On a souvent tendance à trop en dire : faire un genre de "résumé des épisodes précédents" pour expliquer comment le personnage en est arrivé là, qui il est, ce qu'il veut, etc. 
Ben, oui, je viens de vous dire qu'il fallait mettre tout ça au début. 
SAUF QUE ça doit être intégré à l'intrigue. Si vous balancez tout d'un coup, vous prenez le risque de perdre votre lecteur. N'oubliez pas que celui-ci doit aussi faire connaissance avec votre personnage.
En Fantasy ou en SF, évitez également de donner d'emblée tout un tas de noms (propres ou communs) inconnus, qui noient le lecteur plutôt que de l'aider à comprendre votre univers.
Bref : tout est dans le dosage (et c'est difficile !).


8. Pourquoi cette histoire et pas une autre ? Qu'a-t-elle de particulier ?

Posez-vous aussi la question de votre intrigue : pourquoi avez-vous envie de la raconter ? Qu'a-t-elle de spécial ? En d'autres termes : pourquoi le lecteur, qui a pléthore de possibilités dans ses lectures, devrait prendre le temps de vous lire ?
Cette question vous aidera non seulement à mettre en valeur la spécificité de votre histoire pendant l'écriture, mais aussi une fois que vous serez face aux éditeurs, ou aux lecteurs. Avoir réfléchi votre projet est important (et très souvent, ça se sent, car on a un fil rouge clair... Mais, mais tout est donc lié ?!)
Je ne compte plus les manuscrits reçus qui évoquent l'histoire d'un pauvre orphelin qui se découvre l'élu de je ne sais quelle prophétie et doit sauver le monde. Ces romans partent d'emblée avec un sacré handicap. Pourtant, ça ne veut pas dire qu'ils sont mauvais : l'histoire peut avoir été racontée autrement. L'orphelin peut être aveugle et condamné à évoluer dans le noir pour sauver un monde qu'il ne voit pas ; ou bien c'est lui qui a tué sa famille et il se révèle un psychopathe sanguinaire plus ou moins repenti. Ou bien son idée de "sauver le monde" n'est pas vraiment la même que tout le monde et le lecteur va vite comprendre qu'il est du mauvais côté de la force.
Bref : trouvez votre originalité. Le truc qui va donner envie de vous lire.


9. Les personnages stéréotypés

Un grand classique, mais on ne le redira jamais assez : nuancez vos personnages. Rendez-les humains, vivants ; pas des archétypes littéraires qu'on a vus partout. Ca peut suffire à embarquer votre lecteur dès les premières pages, même si le reste lui plaît moins. Finalement, un roman, c'est parfois plus une rencontre qu'une aventure, non ?


10. Votre relation avec l'éditeur

On sort un peu du cadre des manuscrits, mais ça me semble un point essentiel : faites attention à ce que vous dites à l'éditeur qui vous répond. Ça peut paraître étonnant, mais ce n'est ni un Dieu tout puissant ni un sadique sans coeur : vous vous adressez à un être humain qui fait son travail du mieux qu'il peut. Si !
Donc, parmi les réactions récurrentes remarquées, voici celles que je vous déconseille :
1. Lui expliquer en quoi votre roman est meilleur que les autres (il jugera par lui-même)
2. S'il refuse votre roman, lui expliquer en quoi il se trompe (ça ne changera pas son avis, et, même si votre roman est pris ailleurs, ça ne change rien au fait qu'il n'était pas fait pour lui)
3. S'il met trop de temps à répondre, évitez de liker ou commenter tous ses statuts Facebook ou Twitter en espérant que ça attirera son attention (ça va surtout lui donner envie de refuser le roman rapidement pour avoir la paix). Une petite relance par mail, après un délai raisonnable, devrait suffire.
4. D'une manière générale, ne faites rien que vous n'aimeriez pas qu'on vous fasse dans une relation professionnelle
En revanche, n'hésitez pas à lui poser des questions, à passer le voir en salon... Il ne vous mangera pas tout cru (sauf si, éventuellement, il a dû sauter son dessert ?), et il est là pour faire son travail. Ce n'est pas une faveur qu'il vous fait, et, a priori, il ne vous enverra pas la foudre si votre roman ne lui convient pas. Il va juste le refuser.
C'est difficile à encaisser... mais c'est pas la mort, promis ! Et ça ne veut pas dire qu'il vous déteste !


Donc, on résume : des enjeux, un fil rouge, couper le superflu et gérer les informations pour garder la tension et l'émotion.
Et si vous voulez plus de conseils, guettez les Aventures de Robert de Lise Syven, qui va très bientôt publier son ouvrage de techniques de l'écriture, et que je ne saurais trop vous recommander !


jeudi 26 octobre 2017

Jeu express "Erreur 404" : deux extraits pour le prix d'un !

Résultat du jeu lancé aujourd'hui sur les réseaux : vous deviez me donner un nombre compris entre 1 et 253, et moi donner un extrait correspondant à celui que j'aurais tiré au sort.
Et comme je suis trop trop gentille (si !), j'ai choisi un extrait pour le tirage au sort Facebook, un pour celui de Twitter.

Prêts ? C'est parti pour Erreur 404 !




Tirage Facebook : p. 7




Une silhouette encapuchonnée apparaît sur l’affichage de ton casque, de dos. Tu la regardes d’un air absent tout en consultant les dernières notifications des réseaux sociaux qui défilent devant tes yeux ou résonnent dans tes oreilles. Taille moyenne, aspect androgyne, peau dissimulée sous un sweat gris sombre surmonté d’un casque couleur nuit. Un choix curieusement banal pour un avatar. Comme si le joueur voulait donner aussi peu d’indices que possible sur sa personnalité.
Derrière, tu devines l’agitation d’un parc ; tu perçois des cris d’enfants, des conversations d’ados, des exclamations de joueurs en plein combat. Quelques arbres forment un couvert agréable. Tu jettes un coup d’œil blasé au gris qui t’entoure. Béton, fumée, acier. Un dégradé d’ennui qui te suit à la trace. Tu devrais peut-être aller au parc, toi aussi.

Tu hausses les épaules et reportes ton attention sur la fenêtre ouverte dans un coin de ta vision. La silhouette se glisse d’ombre en ombre avec un naturel surprenant. Elle a un objectif bien défini, et rien ne semble pouvoir l’arrêter. Ça doit être bien de se sentir si sûr de soi.

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Tirage Twitter : p. 128






— Alors c’est vous, les lopettes qu’on doit éliminer ?
Une voix grave, dans mon dos. Du genre qui me hérisse le poil. Je ne bouge pas. Vérifie que mon déformateur de voix est toujours activé.
— Ouais.
— Pourquoi tu te retournes pas ? T’as peur de regarder celui qui va te mettre la pâtée ?
Orion veut réagir, mais je lui serre la main d’un coup – assez pour lui faire mal. Et pour qu’il ravale ses protestations. Les provocations, c’est mon domaine. Le début du duel, déjà.
— Je savoure.
D’un seul coup, la peur disparaît. Je me glisse dans la peau de Moon l’Invincible soigneusement construite avec Orion. Le gamer que rien ne peut atteindre. Ils veulent du spectacle ? Ils vont en avoir. Et ça commence dès maintenant. Je souris en me retournant lentement.
— J’adore la tête que font les connards dans ton genre quand ils me voient en vrai.
Ça ne manque pas : l’incrédulité déforme ses traits tandis qu’il découvre les miens. La surprise vient lui tenir compagnie et, déjà, le mépris qui rapplique à toute berzingue, imprime un pli au-dessus de ses lèvres.


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À paraître chez Gulf Stream au mois d'avril ! :)